In-Cité a fermé ses portes, mais pas ses oreilles.

 

Commentaires, photos, presse... sur cette page.

Et puis, souvent, une phrase se glisse, dans les interviews sur le Festival La Cité...

 

Vous avez participé, vous êtes venus, vous habitez la Cité... N'hésitez pas à partager votre ressenti par mail incitelausanne@gmail.com et nous publierons sur cette page.


Commentaires


LE CŒUR DU FESTIVAL CONTINUERA DE BATTRE À LA CITÉ - COMMUNIQUÉ DE PRESSE Conseil de fondation du Festival de la Cité - Facebook - 2 août 2016

 

vec une fréquentation de 72'000 festivaliers, le Conseil de fondation tire un bilan très positif de cette 45e édition du festival de la Cité. La qualité de la programmation artistique, pluridisciplinaire et ouverte, a notamment été très largement saluée par le public qui a répondu présents aux 85 propositions offertes sur les trois pôles du festival.

Au terme de cette 45e édition, le Conseil de fondation entend aussi apporter une clarification sur les nombreuses discussions et la polémique qui est née sur la localisation du festival aussi bien en 2016 que pour les années à venir. En premier lieu, il convient de rappeler que le quartier de la Cité connaît cette année d’importants travaux, aussi bien sur l’esplanade de la Cathédrale, la place du Château que la rue Cité-devant. À cet égard, organiser le festival dans les rues de la vieille-ville en 2016 aurait posé des problèmes à peu près insolubles tant sur le plan artistique (disposition des scènes) que du flux de festivaliers ou de la sécurité. Plutôt que d’organiser une édition au rabais dans la vieille-ville, le choix fut donc d’investir d’autres lieux pour faire battre le cœur du festival et de porter un projet cohérent pour 2016 organisé autour de trois pôles le long de la ligne du métro. Dans ce cadre, la Cité fut d’ailleurs bien présente aux alentours directs de la Cathédrale, notamment sur la place St-Maur, dans le jardin du Petit Théâtre, sous les arches du Pont Bessières et dans la Cathédrale elle-même.

En second lieu, il n’a jamais été question que le festival quitte le quartier de la Cité. La polémique qui s’est engagée sur le sujet n’avait donc pas de raison d’être. Ce n’est d’ailleurs pas la première controverse dans la longue histoire du festival, attestant du très fort attachement du public à ce rendez-vous incontournable de la vie culturelle lausannoise.

Pour les années à venir et dès 2017, avec quelques incertitudes sur l’avancement des travaux à la place du Château, le cœur du festival retrouvera sa place dans le quartier de la Cité comme le prévoient d’ailleurs les statuts de la fondation. En complément, le festival de la Cité, riche de l’expérience de cette année, entend continuer à explorer d’autres lieux, synonyme d’expériences inédites tant sur le plan artistique que de la rencontre de nouveaux publics.

Le Conseil de fondation, la directrice et toute l’équipe d’organisation du festival se réjouissent d’ores et déjà de retrouver le public lausannois en juillet 2017 à la Cité pour la 46e édition du festival.


Communiqué de presse de Julien Sansonnens - Facebook - 2 août 2016

 

Communiqué de presse

Lausanne, le 2 août 2016

La population lausannoise sauve son Festival de la Cité

Lors de sa dernière séance, le Conseil de Fondation du Festival de la Cité a décidé que le festival réintégrerait son site d'origine de la Cité de Lausanne. Cette décision, attendue, constitue à la fois une victoire et un cas d'école.

Victoire des Lausannois d'abord, des Vaudois, de toute personne attachée à ce rendez-vous incontournable de l'été romand. Les Lausannois ont compris que la délocalisation du festival signifiait à terme sa disparition pure et simple au profit d'un événement d'une toute autre nature, construit sur la base d'un concept différent, très loin de la manifestation populaire, familiale et conviviale faisant partie depuis quarante ans du folklore lémanique. Les autorités municipales quant à elles ont sans doute craint, à juste titre, la fragilisation d'une pièce importante du dispositif local de promotion touristique estival.

Non, une manifestation culturelle ne se délocalise pas comme la première entreprise cotée au SMI: il est question de tradition, de rencontres, d'un certain attachement aux lieux, aux vieilles pierres, à une histoire de la ville et de son berceau symbolique, à une certaine vision de la culture, accessible et populaire. On touche ici à ce qu'il faut bien appeler l'identité d'une communauté, la manière dont elle tisse du lien social, dont elle imagine le vivre ensemble... Autant d'éléments d'ordre affectif, sentimental, humain en somme, qu'on ne saurait balayer d'un revers de main.

Malgré des compétences artistiques reconnues et un professionnalisme que personne ne remet en cause, Myriam Kridi n'a visiblement pas saisi qu'en voulant faire brutalement table rase du passé, elle a touché une partie, une petite parcelle de l'âme des lieux et des gens d'ici. Aurait-on vu un Claude Nobs juger son festival ringard et prendre le risque d'organiser le Montreux Jazz aux patinoires du littoral de Neuchâtel ? Un Daniel Rossellat annoncer le déménagement du Paléo dans la plaine de l'Orbe ?

Cas d'école ensuite. Deux pétitions, des interventions prévues au Conseil communal, des appels au boycott, d'innombrables messages très critiques postés sur les réseaux sociaux, des courriers de lecteurs, l'organisation d'un festival parallèle sur le site de la Cité... Le moins que l'on puisse dire, c'est que la population s'est fortement mobilisée pour défendre "son" Festival de la Cité. Elle s'est légitimement invitée dans le débat, elle qui finance largement la manifestation par l'impôt. Il est réjouissant, pour tout citoyen soucieux de démocratie et de participation locale, de constater que la mobilisation paie parfois et qu'il est possible, par le débat d'idée, par l'argumentation, d'imposer un retour au fameux "bon sens" si vaudois.

Les Lausannois attendent désormais qu'on respecte leur attachement au Festival de la Cité; ils se souviennent notamment que la délocalisation du festival leur avait été vendue comme provisoire, le temps que les travaux du parlement s'achèvent. Quant au nom du Festival, ils ne sont pas dupes: non, la Cité ne fait pas référence à la cité grecque ou polis, mais bien au quartier lausannois.

Dès l'an prochain, les Lausannois attendent que le Festival de la Cité, conformément à ses statuts, se tienne majoritairement à la Cite. Il n'a toutefois jamais été question de figer le festival dans le formol: des innovations et des adaptations sont nécessaires, comme pour tout événement de ce type. Ces changements doivent être réfléchis puis décidés dans un climat de concertation, à l'écoute notamment des habitants du quartier, des acteurs du milieu culturel local et des commerçant de la Cité.

Nous adressons nos meilleurs voeux à Myriam Kridi pour la suite de son mandat à la tête du Festival de la Cité, et nous réjouissons qu'elle parvienne, dès la prochain édition, à réinventer le festival de la Cité, tout en en conservant l'âme... et le coeur!


On est resté longtemps sans un festival pareil, merci mille fois pour l'avoir fait revenir!!!

Frédérique Hauselmann  |Facebook 16 juillet 2016

 

Pour répondre à Julien, Je trouve que c'est deux fêtes complètement différentes, l'une plus modeste et conviviale avec des artistes locaux et au coeur de la cité. Et l'autre qui ne doit plus s'appeler festival de la cité d'ailleurs.

Josette Quartenoud |Facebook 16 juillet 2016

 

C'était fabuleux. Un vrai rêve, un bonheur authentique. Merci à tous!!!!

Claire Clivaz | Facebook 9 juillet 2016

 

C'était riche! cette richesse précieuse de ce qui est simple, c'était spatieux de cet espace dans lequel on peut entendre, se rencontrer, c'était chaleureux, audacieux! Merci infiniment à vous tous!

Marian Crole | Facebook 9 juillet 2016

 

Bravo à toute l'équipe, c'était une merveille de festival. Authentique, simple, vrai, la taille humaine du festival a ouvert à tous les possibles. Pas né en 1972 pour les premières année du festival de la Cité, mais je peux imaginer que c'est tout à fait ce que voulaient les organisateurs d'alors. Que la Cité soit, l'espace de quelques jours, un lieu de vie, de culture, de création, d'expérimentations, hors de toute structure, hors de tout lourdeur. Merci d'avoir fait souffler à nouveau cet esprit autour de la cathédrale et du château.

 

 

Reste la question de l'avenir. Si le Festival de la Cité "délocalisé" revient en ses lieux d'origine, ne faut-il pas qu'il se réinvente, qu'il revienne à plus de modestie peut-être, qu'il retrouve un peu de cet esprit que nous avons vécu avec in-Cité ? Une grande scène place du Château, avec ses "t'êtes d'affiche" pop-rock, est-elle vraiment indispensable ?

Julien Sansonnens | Facebook 9 juillet 2016

 

Fascinée par l'esprit qui crée

..vous nous avez donné... Du doux, du drôle, du simple, du puissant, du dansant, du triste, de l expérience .... du Bonheur 😊 merci aux petites, moyennes et grandes mains pour le coeur et l esprit avec lesquels vous avez rendu cela possible 😊 dans ces lieux magiques ... en dehors du temps, du vite et du grand, ...

 

Un enchantement 💚 ...

Tarte Lette | Facebook 9 juillet 2016

 

Bravo à l'équipe, c'était parfait! fraternité, exigence, légèreté

Philippe Rahmy | Facebook 9 juillet 2016

 

Merci d'avoir eu l'audace de nous proposer ce festival, c'était délicieux de découvrir toute ces propositions dans une grand simplicité. J'avais vraiment le sentiment d'être privilégiée de pouvoir y participer.

Myriam Schwab Ngamije | Facebook 9 juillet 2016

 

Merci pour l'organisation de ce festival! Très bons moments de détentes et de belles découvertes passés dans ces charmantes ruelles pavées

Sara Galfetti | Facebook 9 juillet 2016


Presse & Photos


Le Festival de la Cité retrouvera les vieux pavés|24 Heures - Gérald Cordonier - 2 août 2016

 

La polémique a eu raison des velléités de délocaliser complètement la manifestation lausannoise.

 

«Le cœur du festival retrouvera sa place dans le quartier de la Cité, comme le prévoient d’ailleurs les statuts.» La Ville de Lausanne, le conseil de fondation et la direction du Festival de la Cité ont tranché. Ou plié. Rappelant «le fort attachement du public à ce rendez-vous incontournable», les trois partenaires ont rappelé hier par voie de communiqué qu’«il n’a jamais été question que le festival quitte» le quartier historique, que «la polémique (…) n’avait pas de raison d’être» et que les choix faits en 2016 se justifiaient afin de ne pas «organiser une édition au rabais dans la vieille ville».

 

Un rétropédalage en bonne et due forme, après le vif débat public déclenché, ce printemps, par la volonté de la directrice Myriam Kridi de délocaliser la manifestation culturelle à travers la ville. Un déménagement légitimé, cette année, par les travaux de rénovation du Château cantonal, mais imaginé, initialement, comme pérenne. Du moins, si l’on en croit les prises de position publiques des derniers mois. Et les louanges du conseil de fondation lorsqu’il adoubait Myriam Kridi et annonçait, en juillet 2015, une nouvelle «vision audacieuse et des perspectives originales pour l’avenir du festival».

 

Une volonté claire

 

Circulez, il n’y a plus rien à voir! Après avoir laissé la directrice monter seule au front, les autorités et la fondation sont enfin sorties du bois. Et se rangent, désormais, du côté des mécontents – dont 3000 pétitionnaires en tête de proue – qui dénonçaient l’avenir multipôles du festival. «Je regrette les erreurs de communication des derniers mois et, certes, la solution finalement esquissée est un peu différente de celle que Mme Kridi avait défendue (ndlr.: lors de sa postulation) , reconnaît le nouveau syndic Grégoire Junod, pacificateur entré en fonction alors que la controverse échauffait les esprits. Pour le futur, nous allons prendre les forces de l’édition 2016 en évitant de reconduire ses faiblesses.»

 

«Nous allons réinventer le festival en tenant compte du lien sentimental des Lausannois avec la Cité»

En résumé: maintenir le cap artistique et la qualité de la programmation du dernier festival, poursuivre des explorations ponctuelles ailleurs en ville tout en redonnant au quartier où trône la Cathédrale son rôle névralgique. «L’édition 2016 a manqué d’un lieu central, en termes notamment de convivialité», détaille le syndic, désormais vice-président de la fondation. «Aujourd’hui, la volonté du conseil est claire: que le festival puisse irradier la ville, comme cela s’est déjà réalisé par le passé, mais que son cœur retrouve la Cité.» Telle est la promesse faite pour 2017, pour autant que les travaux soient terminés. «Myriam Kridi est une bonne directrice et un vrai atout pour le festival. Elle a prouvé sa capacité à proposer des choses innovantes et je lui fais entière confiance pour imaginer concrètement les contours de la prochaine édition.»

 

«Un festival à réinventer»

 

«Savoir si je suis satisfaite n’est pas la question, a réagi, mardi après-midi, Myriam Kridi, confiant que l’équipe du festival avait l’esprit – encore et surtout – occupé par le bouclement de l’édition 2016. J’avais basé ma réflexion initiale sur le rapport social mais aussi sur les liens avec la mixité de publics que tisse le festival. La polémique a clairement posé comme nouvel enjeu le lien sentimental des Lausannois avec la Cité. Dès le retour de vacances, nous allons donc réinventer le festival en tenant compte de cette donne.»

 

Un projet qui apaise Julien Sansonnens, fer de lance des pétitionnaires: «Le bon sens l’a emporté. Mme Kridi s’est montrée soucieuse d’innover et un joli champ d’expérimentation s’ouvre désormais devant elle. J’espère maintenant que les changements seront décidés dans un climat de concertation et je regrette qu’il ait fallu cette mobilisation pour contrer la politique du fait accompli menée par la directrice et son conseil.» (24 heures)

 


«Le Festival de la Cité continuera d’explorer d’autres lieux» |Le Temps - Yelmarc Roulet - 2 août 2016

 

Après la polémique qui a enflammé le Festival de la Cité 2016, le Conseil de fondation a annoncé mardi que le cœur de la manifestation culturelle lausannoise réintégrerait en 2017 son quartier traditionnel. Précisions avec sa directrice, Myriam Kridi

 

Après la polémique sur la délocalisation qui a marqué le Festival de la Cité 2016, le Conseil de fondation a annoncé mardi que le cœur de cette manifestation culturelle regagnerait la vieille ville de Lausanne en 2017, pour sa 46e édition. Pour autant, l’utilisation d’autres lieux va se poursuivre et la nouvelle directrice, Myriam Kridi, reste en place.

 

Le Temps: «Le cœur du festival retournera à la Cité», que faut-il entendre exactement?

 

– La grande scène, les bars, les lieux de rencontre. C’est là que se rendront le plus de gens. Mais nous continuerons à explorer d’autres lieux, pour des expériences culturelles inédites.

 

– A Ouchy et La Sallaz, comme cette année?

 

– Pas forcément. Le concept 2016 avait sa logique du point de vue de la mobilité, les trois pôles étant reliés par le métro. Il faudra trouver une nouvelle cohérence. Il est sûr qu’il y a une adéquation entre un site et la qualité artistique d’un spectacle. Le panorama d’Ouchy comme toile de fond pour le théâtre, c’est une plus-value incontestable. Cela nous a aussi permis d’aller à la rencontre d’un nouveau public. La scène plus resserrée de La Sallaz, dans un environnement pas majoritairement festif, était favorable à la concentration.

 

– Les organisateurs de la pétition pour le maintien à la Cité disaient défendre une manifestation conviviale et populaire.

 

– Le festival qui vient de s’achever n’a manqué ni en qualité, ni en convivialité. L’éclatement a pu nuire à la masse critique. Il fallait regarder davantage le programme pour s’orienter. Mais avec 72 000 spectateurs, la fréquentation est en hausse par rapport à 2015, même si elle n’atteint pas les 100 000 spectateurs de précédents exercices.

 

– Vous aviez laissé entendre que vous ne resteriez pas forcément à la tête de la manifestation. Où trouvez-vous la motivation de continuer?

 

– Je n’aurais pu accepter qu’il n’y ait plus aucun moyen de sortir de la Cité. On me laisse une certaine marge. Ce qui me passionne dans le Festival de la Cité, c’est qu’il se déroule dans l’espace public.

 

– Ne faudrait-il pas un nouveau partenariat avec les habitants, les commerces du quartier, chez qui la pétition a eu un grand succès?

 

– Il y a toujours eu un partenariat, du moins avec les établissements publics qui sont venus nous voir. On a beaucoup critiqué avant de savoir. Le festival n’a jamais quitté la Cité, conformément à ses statuts.

 

– Quelle leçon tirez-vous de cette polémique?

 

– Je m’étais enthousiasmée pour le projet de festival 2016, qui me semblait plein de sens, et je me suis trouvée confrontée aux regrets suscités par la délocalisation. Il y a eu ce que j’appellerais une divergence émotionnelle. Je ne crois pas qu’elle s’explique par ma qualité de Genevoise (Myriam Kridi a longtemps assuré la programmation de L’Usine, ndlr), je connais nombre de Lausannois qui se sont étonnés de cette querelle.

 

La Cité retrouvera son festival l'an prochain |Le Matin - 2 août 2016

 

Le Conseil de fondation a annoncé mardi que la nouvelle mouture décentralisée de la manifestation ne serait pas reconduite.

 

«Le coeur du festival retrouvera sa place dans le quartier de la Cité, comme le prévoient d'ailleurs les statuts de la fondation», note le communiqué. La manifestation souligne cependant qu'elle compte «continuer à explorer d'autres lieux, synonyme d'expériences inédites».

 

Trois pôles contestés

 

L'organisation du festival sur trois pôles, centre-ville, Ouchy et Sallaz avait déclenché une vive polémique. Une pétition en ligne avait recueilli quelque 3000 signatures contre cette décentralisation du rendez-vous cher aux Lausannois.

 

Des avis contraires qui ont fortement déplu aux responsables. Dans leur communiqué, ils répètent encore une fois que «la polémique qui s'est engagée sur le sujet n'avait pas de raison d'être».

 

Une parenthèse

 

Directrice du festival, Myriam Kridi indique à l'ats que l'édition 2016 aura été «une parenthèse». Elle ne considère cependant pas qu'il y a de «désaveu» de son projet puisque celui-ci s'inscrivait dans des conditions spécifiques, à savoir les travaux qui empêchaient la tenue de la manifestation à la Cité.

 

«Je reste», poursuit-elle en réponse à une question sur son éventuel départ. Dans la presse, la directrice avait déclaré que le Conseil de Fondation devrait trouver quelqu'un d'autre si le projet changeait «radicalement».

 

Communiqué rassurant

 

Myriam Kridi affirme qu'elle serait partie si toute possibilité de découvrir et d'investir de nouveaux lieux avait été abandonnée, ce qui n'est pas le cas, insiste-t-elle. Est-ce que le dialogue va succéder à l'affrontement avec ceux qui refusaient la formule trois pôles ? «Ce communiqué devrait les rassurer», répond la directrice.

 

Figure de proue des opposants, l'ancien conseiller communal (POP) Julien Sansonnens estime que la population lausannoise a sauvé le Festival de la Cité. «Cette décision, attendue, constitue à la fois une victoire et un cas d'école», écrit-il dans son communiqué.

 

Ame des lieux et des gens

 

La délocalisation du festival signifiait «sa disparition pure et simple au profit d'un événement d'une tout autre nature». Myriam Kridi n'a pas compris qu'elle touchait «une partie, une petite parcelle de l'âme des lieux et des gens d'ici», remarque Julien Sansonnens.

 

Saluant la large mobilisation pour défendre le festival à la Cité, l'ancien élu se garde toutefois de tout conservatisme. «Il n'a jamais été question de figer le festival dans le formol», poursuit-il en appelant à des changements «dans un climat de concertation».

 

Invitation à se détendre

 

«On s'est invité à un débat auquel on n'était pas convié. Il y a toujours une certaine crispation du côté du Festival de la Cité, y compris dans sa communication. Il faut maintenant se détendre et pourquoi pas organiser des tables rondes ou mettre en application la démocratie participative chère à une ville de gauche», résume Julien Sansonnens.

 

La 46e édition du Festival de la Cité aura lieu du 4 au 9 juillet 2017. Le bilan de la 45e est «très positif», rappelle le Conseil de Fondation, avec une fréquentation de 72'000 personnes pour 85 propositions.


Lausanne: après sa décentralisation, le Festival de rue reprend ses quartiers à la Cité |La Côte - 2 août 2016

 

SPECTACLES DE RUE - Fin de l'expérience sur trois pôles et retour au cœur de Lausanne: dès l'année prochaine, le Festival de la Cité retrouvera son emplacement d'origine, autour de la cathédrale. Le Conseil de fondation a annoncé mardi que la nouvelle mouture décentralisée ne serait pas reconduite.

 

"Le coeur du festival retrouvera sa place dans le quartier de la Cité, comme le prévoient d'ailleurs les statuts de la fondation", note le communiqué. La manifestation souligne cependant qu'elle compte "continuer à explorer d'autres lieux, synonyme d'expériences inédites".

 

L'organisation du festival sur trois pôles, centre-ville, Ouchy et Sallaz avait déclenché une vive polémique. Une pétition en ligne avait recueilli quelque 3000 signatures contre cette décentralisation du rendez-vous cher aux Lausannois.

 

Des avis contraires qui ont fortement déplu aux responsables. Dans leur communiqué, ils répètent encore une fois que "la polémique qui s'est engagée sur le sujet n'avait pas de raison d'être".


Après la polémique, le Festival lausannois de la Cité retrouve... la Cité |RTS -ats/dk - 2 août 2016

 

Fin de l'expérience sur trois pôles et retour au coeur de Lausanne: dès 2017, le Festival de la Cité retrouvera son emplacement d'origine, autour de la cathédrale, a annoncé mardi le conseil de fondation de la manifestation.

Après trois éditions excentrées, les dirigeants du Festival de la Cité précisent dans un communiqué qu'il n'a jamais été question de quitter la vieille ville du chef-lieu vaudois.

 

"Le coeur du festival retrouvera sa place dans le quartier de la Cité, comme le prévoient d'ailleurs les statuts de la fondation", note le conseil de fondation. La manifestation souligne cependant qu'elle compte "continuer à explorer d'autres lieux, synonyme d'expériences inédites".

 

Une polémique qui n'avait "pas lieu d'être"

 

L'organisation du festival sur trois pôles - au centre-ville, à Ouchy et à la Sallaz - avait déclenché une vive polémique. Une pétition en ligne avait recueilli quelque 3000 signatures contre cette décentralisation du rendez-vous cher aux Lausannois.

 

Des avis contraires qui ont fortement déplu aux responsables. Dans leur communiqué, ils répètent encore une fois que "la polémique qui s'est engagée sur le sujet n'avait pas de raison d'être".

 

La nouvelle directrice reconduite

 

Par ailleurs, le conseil de fondation a reconduit Myriam Kridi à la tête du festival. Il a souligné la qualité de la programmation artistique de la nouvelle directrice, et ce succès: la fréquentation de la manifestation est en hausse.


Le festival de la Cité conserve sa directrice | 20 minutes - Frédéric Nejad Toulami - 2 août 2016

 

La place du Château sera de nouveau l'épicentre du prochain événement culturel gratuit lausannois, en 2017. Myriam Kridi reste à la barre.

 

«Il n’a jamais été question que le festival quitte le quartier de la Cité. La polémique qui s’est engagée sur le sujet n’avait donc pas de raison d’être.» Le Conseil de fondation de l'événement culturel gratuit du mois de juillet à Lausanne a envoyé un communiqué ce mardi matin. Il y est confirmé que dès 2017 et pour les années à venir le cœur du festival réintégrera le quartier de la Cité «comme le prévoient d’ailleurs les statuts de la fondation». Quelques incertitudes sur l’avancement des travaux à la place du Château demeurent toutefois. En juillet prochain, le chantier du parlement vaudois sera terminé, mais des rénovations sur le Château Saint Maire seront encore en cours. D'autres scènes seront toutefois exploitées ailleurs en ville de Lausanne.

 

Fin juillet, la directrice Myriam Kridi, lassée par cette controverse quant à l'emplacement dans la vieille ville de la capitale vaudoise, laissait entendre dans une interview donnée au journal «Le Temps» qu'elle pourrait abandonner son poste si la version vécue en 2016 venait à «changer radicalement: le Conseil de fondation devra trouver quelqu’un d’autre pour le concrétiser».

 

Jointe par téléphone mardi matin, Myriam Kridi annonce à 20minutes.ch qu'elle reste à la direction du Festival de la Cité. «Nous avons constaté un grand attachement au quartier de la Cité. Alors on va recommencer autre chose, différemment. Nous n'avons pas encore de projets concrets pour juillet 2017, mais nous allons investir de toute façon la place du Château, qui sera le pôle principal du festival.»


Le Festival de la Cité va sans doute réintégrer son site d’origine |Le Temps - Marie-Pierre Genecand - 22 juillet 2016

 

Le public lausannois n’a pas boudé la 45e édition du Festival de la Cité répartie sur trois pôles, mais continue à regretter l’ancienne version. Mercredi prochain, le Conseil de fondation va sans doute opter pour le retour de la manifestation autour de la Cathédrale

Le Festival de la Cité est-il sur le point de revenir à la Cité? C’est l’option qui semble se dessiner à quelques jours d’une séance du Conseil de fondation. Ce mercredi 27 juillet, les huit membres du Conseil qui comprend deux représentants de la Ville de Lausanne, dont le magistrat Grégoire Junod, et un représentant du canton de Vaud, pourraient envisager un retour «à la maison» du rendez-vous estival cher au cœur des Lausannois.

C’est ce qui ressort d’un entretien avec Georges Caille, le président du Conseil de fondation, qui, sans s’engager définitivement puisque «tout est encore à discuter», dessine cette perspective sur la base d’un simple constat: «Les Lausannois ont apprécié la programmation de la 45e édition, mais n’ont jamais cessé de critiquer sa dispersion. A priori, je crois deviner que la majorité du Conseil de fondation souhaite amener le festival à son emplacement original, La Cité, pour que les festivaliers retrouvent cette convivialité que certains n’ont jamais cessé de regretter.»

Une direction fatiguée

Du côté de la direction, cette perspective ne fait que creuser le questionnement qui s’est installé pendant les six jours de festivités. «On a assisté à un phénomène schizophrénique, commence Myriam Kridi. D’un côté, toutes les scènes étaient pleines et les gens étaient ravis des spectacles et des concerts proposés. De l’autre, dimanche excepté, on n’a pas arrêté de recevoir des commentaires, en live ou sur notre site Facebook, regrettant que le festival ne soit plus à la Cité. Le public ne semble pas réaliser que si les spectacles étaient tellement convaincants, c’est aussi parce qu’ils étaient programmés dans des espaces et sur des scènes qui leur réussissaient.»

La fatigue et une certaine incompréhension sont palpables chez la jeune femme. «Oui on est épuisés», confirme Myriam Kridi. «Faire en sorte que les 85 rendez-vous du festival se déroulent comme souhaité est déjà une grosse affaire. Alors quand on a en plus l’impression de ramer à contre-courant, c’est en effet assez décourageant.»

«C’est justement pour éviter à Myriam Kridi et à son équipe ce sentiment frustrant que le Conseil de fondation pourrait opter pour une réintégration à la Cité», renchérit Georges Caille, son président. Qui tempère son propos. «Quand je dis réintégration, ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de ponts extérieurs à la Cité. On pourrait même parler de Cité augmentée. Ce qui est sûr, c’est que le cœur de la manifestation devrait idéalement à nouveau se situer autour de la cathédrale.»

La Cité, «un endroit festif et affectif»

Mais comment Georges Caille explique-t-il cet attachement viscéral des Lausannois à la Cité qui, on s’en souvient, a généré une pétition signée par 3’000 opposants aux trois pôles de la 45e édition? «C’est la maison. Quand vous allez dans la maison de grand-maman, vous savez où se trouve le pot de thé à la cannelle et vous savez que vous pouvez vous servir sans demander l’autorisation. Vous savez aussi que vous allez retrouver les cousins et petits-cousins. La Cité, c’est pareil: un endroit festif et affectif où, en plus de regarder des spectacles, vous êtes sûrs de retrouver des amis que vous n’avez pas vus depuis cinq, parfois dix ans.»

Myriam Kridi va-t-elle remettre en question son poste de directrice si cette option se confirme, mercredi? «Je ne sais pas encore. C’est clair que si le projet change radicalement, le Conseil de fondation devra trouver quelqu’un d’autre pour le concrétiser. Mais peut-être pourra-t-on trouver comment contenter les Lausannois sur l’aspect de la convivialité tout en conservant une ligne artistique stimulante?» Le ministre municipal de la culture, Grégoire Junod, préfère attendre la séance du Conseil de fondation pour prendre position. Réponse, mercredi, donc.

 

 


Vers un retour du Festival de la Cité... à la Cité|20 minutes - (frb) - 22 juillet 2016

 

Le bilan chiffré du dernier Festival de la Cité est plutôt réjouissant (72'000 spectateurs, en hausse par rapport à 2015, grâce notamment à une météo favorable). Mais la répartition des scènes sur trois sites éloignés n'a pas convaincu tout le monde.

 

Le Conseil de fondation de la manifestation l'a bien compris. Il se réunira mercredi pour évoquer un éventuel retour dans la vieille ville, révèle vendredi «Le Temps». Sans préjuger du résultat des discussions, son président Georges Caille a déclaré qu'il «croyait deviner qu'une majorité (ndlr: du Conseil) souhaite amener le festival à son emplacement original, la Cité, pour que les festivaliers retrouvent cette convivialité que certains n'ont jamais cesser de regretter».

 

Du côté de la direction, qui s'est beaucoup investi dans cette réorganisation «extra-muros», la nouvelle est accueillie avec découragement. «C'est clair que si le projet change radicalement, le Conseil de fondation devra trouver quelqu'un d'autre pour le concrétiser», note Myriam Kridi, arrivée en 2015 à la barre de la manifestation. Mais cette question ne se pose pas encore. Toutes les options sont ouvertes, notamment celle de voir un cœur de la manifestation autour de la cathédrale, tout en conservant des ponts extérieurs à la Cité.

 

Dès l'annonce de l'éclatement du Festival sur plusieurs sites, une vague de mécontentement s'était faite sentir chez certains amoureux de la Cité. Une pétition avait circulé. Un contre-festival a été monté. Georges Caille explique cet attachement par la convivialité: «La Cité, c'est un endroit festif et affectif où, en plus de regarder des spectacles, vous êtes sûrs de retrouver des amis que vous n'avez pas vus depuis cinq, parfois dix ans.»

 

Syndic de Lausanne et responsable de la politique culturelle, Grégoire Junod n'a pas souhaité commenter ces hypothèses avant la réunion de mercredi prochain, à laquelle il participera lui aussi.


Une pétition déposée pour rapatrier le Festival de la Cité |24 Heures - 22 juillet 2016 - Romaric Haddou

 

Grogne - Les signataires veulent le retour de l’événement au creux de la Cathédrale. Une décision pourrait tomber mercredi

 

Des bruits dans les rues, des envolées sur les réseaux sociaux… Le Festival de la Cité n’était pas encore éparpillé que sa version unifiée était déjà regrettée. Une grogne concrétisée par une pétition forte de 1102 signatures réclamant le retour de l’événement estival sur son site originel. Cette dernière a été remise, hier matin, au président du Conseil communal, Valentin Christe, par Georges Croset, patron du Restaurant Pomme de Pin. Elle est distincte de la pétition électronique «Pour que le Festival de la Cité revive… à la Cité!», qui avait recueilli 1900 paraphes.

 

Période creuse

 

«La Cité est l’enfant pauvre de la ville, rien ne s’y passe hormis le festival, donc nous aimerions le garder, s’agace Georges Croset. On aurait souhaité qu’il reste quelque chose cette année, même si les grandes scènes ne pouvaient y être installées à cause des travaux.» D’où l’idée de mettre en place le festival parallèle In-Cité, sur le site historique. Le restaurateur assume aussi l’aspect financier d’une telle revendication: «l’événement permet de faire un peu de beurre dans une période creuse et de passer l’été correctement».

 

Les signataires, essentiellement des riverains, espèrent désormais que la fin des travaux permettra au festival de reprendre ses aises autour de la cathédrale dès 2017. «Nous discuterons des contours de la prochaine édition mercredi, lors de la séance du conseil de fondation», tempère la directrice, Myriam Kridi. Dans Le Temps de vendredi, le président, Georges Caille, s’avançait un peu sur l’issue du débat et pronostiquait un retour à la Cité: «C’est encore flou, mais, sans préjuger de l’avis de mes camarades, j’ai toujours aimé dire que la Cité retrouverait son festival. Tout est ouvert. La directrice estime par exemple qu’il faut des espaces extérieurs pour certaines propositions.» Ainsi, l’idée d’une manifestation centrée sur la Cité avec des pôles dispersés est également envisagée.

 

Pas de solution miracle

 

«Les critiques partaient un peu dans tous les sens et il faut désormais verbaliser le projet. «Veut-on quelque chose de populaire? Veut-on animer le quartier ou pas? questionne Myriam Kridi. Il n’y a pas de solution miracle, il faut trouver l’équilibre entre l’envie de faire plaisir et les exigences artistiques.» Si les contraintes physiques et techniques devaient «éloigner la programmation du panel voulu», la directrice n’exclut pas de remettre en question son poste, comme elle l’a admis au Temps. (24 heures)

Georges Croset (à gauche) s'est fait porte-parole des 1102 signataires en remettant la pétition au président du Conseil Valentin Christe.

Image:  © Philippe Maeder


La manifestation décentralisée a attiré |20 minutes - 10 juillet 2016

 

Le 45e Festival de la Cité s'est achevé dimanche à Lausanne sur un bilan artistique réjouissant.

La fréquentation de cette édition décentralisée sur trois pôles est en hausse, avec 72'000 spectateurs contre 65'000 en 2015, grâce notamment à une météo idéale.

Le Festival a proposé de mardi à dimanche 83 projets artistiques sur les sites de la Sallaz, la Riponne et Ouchy, reliés par une ligne de métro. «On est hyper content de la programmation», a déclaré à l'ats Myriam Kridi, la directrice du Festival. «Il y a eu du public en nombre partout. L'objectif artistique est pleinement atteint».

La géographie imaginée en réponse aux travaux toujours en cours dans la Cité a réservé de bonnes surprises. Elle n'a toutefois pas amadoué les plus attachés au quartier historique, relève le Festival dans son communiqué de bilan.

La formule a montré des faiblesses notamment en début de semaine. A la Sallaz et à Ouchy, le public qui a fait le déplacement est souvent reparti à la fin du concert et du spectacle, ne créant pas la convivialité espérée. Il a fallu le week-end pour que l'ambiance festivalière s'installe pleinement.

 

Rencontres différentes

 

Quant aux possibilités de rencontre, cela a bien marché, mais de façon différente, a noté Mme Kridi. Les festivaliers se sont donné rendez-vous pour aller aux spectacles. Pour ceux qui souhaitent juste se rencontrer, la question reste en suspens.

 

La prochaine édition aura lieu au 4 au 9 juillet 2017. «On ne va pas faire exactement la même chose. On réfléchit à réinventer la formule. On a entendu l'attachement des Lausannois au quartier de la Cité, c'est clair. Mais il est difficile de contenter tout le monde», explique Mme Kridi.

 

Une pétition en ligne contre la délocalisation du Festival a récolté 3000 signatures ce printemps. Le contre-festival, In-cités, qui a été organisé de mercredi à vendredi, n'a que peu attiré le public et n'a pas constitué une concurrence, selon la directrice.

 

(ats)

 

 


Les trois coups du Festival de la Cité|Le Courrier - Corinne Jaquiéry - 10 juillet 2016

 

Le rideau s’est levé sur la version étirée en trois sites de la manifestation. Avec des propositions décoiffantes et quelques bémols.

 

Ouchy, la Riponne, la Sallaz. Un festival en trois scènes le long du M2, le métro lausannois, avec une affiche globale plutôt bien tournée et intelligente, mais un parcours en forme de marathon pour le spectateur désireux de voir plusieurs artistes dont les horaires se suivent de près ou se chevauchent. Une expérience vécue mercredi soir.

 

Tout commence bien avec les rythmes sombres et enragés des quatre genevoises du groupe Massicot à la scène Great Escape, juste au-dessus de la Riponne. Puis le beau temps incite à descendre à Ouchy contempler les montagnes et le lac Léman, décor somptueux de la scène où se produit une disciple contemporaine de Loïe Fuller. Pourtant, impossible de s’intéresser jusqu’au bout à ses voiles tourbillonnants quand le dandysme déchaîné d’un Bertrand Belin vous attend sur les hauteurs de Lausanne.

 

Vingt minutes plus tard, le temps d’un trajet en métro et d’un léger refroidissement d’enthousiasme, la voix grave du rocker breton résonne à la sortie du métro, attirant irrésistiblement vers une place de la Sallaz plutôt austère. Une source bien informée, qui se dit anonyme, mais caustique, vous assure que depuis le début du concert le sombre poète est monté en puissance. A voir Bertrand Belin, en transe dans une mélancolie mélodieuse et spectaculaire, plonger dans la foule sans se rendre compte qu’à ses pieds joue un enfant, on ne peut qu’y croire! L’espoir à la porte du désespoir, un moment de grâce inoubliable.

 

Et puis, à nouveau la course pour tenter de voir Shopping, un groupe punk-rock plutôt décevant à la Riponne, et vite remonter à la Sallaz ressentir la puissance troublante de Gaïa, portée par la voix de vingt-six choristes polonaises dans Magnificat, le projet féministe de Marta Gornicka. Martelant et scandant des chants liturgiques, des slogans publicitaires ou des extraits de faits divers, étrangement souriantes, yeux plantés dans ceux des spectatrices et spectateurs fascinés, elles dénoncent la position soumise des femmes au sein de l’église catholique, majoritaire en Pologne. Effectuant des allers-retours d’avant en arrière tout en murmurant, chantant ou criant, la troupe laisse monter sa colère jusqu’à la rébellion et à l’affirmation de soi dans un ultime cri.

 

Energie brûlante de danseurs des favelas

 

Difficile alors de s’extraire de cette ambiance chargée d’émotion pour à nouveau se presser d’aller prendre le métro et descendre à la Riponne voir Suave. Heureusement, le spectacle happe dès le premier regard. La chorégraphie percutante et poignante de la Brésilienne Alice Ripoll pousse les noctambules errants autour de la place à se rassembler et à se griser à l’énergie brûlante des danseuses et danseurs issus des favelas.

 

Concoctée par Myriam Kridi, nouvelle directrice du Festival de la Cité, et par ses programmateurs, l’affiche tient ses promesses. Bien que pointue et très contemporaine, elle ne se montre pas hermétique aux badauds qui passent par hasard sur l’un ou l’autre lieu. En revanche, le temps et l’argent sont parmi les bémols de la nouvelle formule. Il y un coût incontournable et assez inattendu pour un festival sensé être gratuit, celui de la carte journalière ou des billets nécessaires au déplacement en métro pour se rendre d’une scène à l’autre. Quant au temps passé dans le métro, sympa pour d’éventuelles rencontres, il est perdu si on veut profiter du plein air, atout d’un festival hors les murs, tout en découvrant plusieurs artistes en une soirée. Des bémols que ne manqueront pas de relever les opposants et signataires d’une pétition contre la formule décentrée, par ailleurs organisateurs d’un petit festival off, au cœur de la cité.

 

 

 


le Festival de la Cité a suscité de nombreuses réactions | RTS Le 12h45 - 9 juillet 2016

Les précisions de Myriam Kridi, Directrice Festival la Cité, depuis Lausanne.


Polémique - 9 juillet 2016


Bouger ou se poser? C'est la question du Festival de la Cité | 24 Heures - Laurent Antonoff / Cindy Mendicino - 8 juillet 2016

 

Eclatée sur plusieurs sites, la fête mise sur la curiosité et, surtout, sur la mobilité du public. Un pari osé.

 

Mercredi sur la place du Château. Un couple de Genevois est assis sur les marches de la Préfecture. Il compulse le programme du Festival de la Cité. «On vient tout juste d’arriver. On est où là? Et c’est qui le chanteur?» s’inquiètent Henri et Alice. L’artiste qui exhibe ses tatouages à l’heure de l’apéro, c’est Soan. Le vainqueur de la Nouvelle Star sur M6 en 2009. Sauf que sur son plot en béton, guitare en bandoulière, il ne se produit pas pour la Cité mais pour In-Cité, le contre-festival de ceux qui dénoncent l’éclatement de la manifestation à Ouchy, à la Riponne et à la Sallaz. Notre couple n’y comprend pas grand-chose. Nous, on ne demande qu’à voir. Alors voyons.

 

Un festival «à la carte»

 

«Je crois bien que je n’ai jamais joué sur une scène aussi petite», sourit Soan. Devant lui, une quarantaine de fans se montrent tout aussi incrédules, surtout lorsqu’ils doivent s’écarter pour laisser passer la circulation qui n’a pas été fermée. Les voitures passent. Les gens. Les chansons. Nous. Dans quelques minutes, Bertrand Belin commence son concert sur une place de la Sallaz bondée. Enfin, une demi-place, voire un tiers de place, la grande partie Nord du site restant ouverte à l’étrange ballet des bus TL. Il n’y a plus un siège de libre sur les gradins. On danse un verre de bière officiel à la main. C’est sûr: le public est venu pour le chanteur breton. «Après, on descend vite à Ouchy. Pour voir un autre spectacle? Oui: la demi-finale de l’Euro!» sourit Pierre-Alain. Il confie que ce Festival de la Cité, il le vivra «à la carte». «Avant, je me laissais guider par la curiosité. Dans l’enceinte de la Cité, on sautait d’un genre à l’autre. Il y avait malgré tout un lien. Le lieu. Là, c’est différent.» Des effluves de plats thaïlandais s’échappent de la cantine. C’est Pla Tu Thong qui régale. Au moins une chose qui perdure. Voici les fidèles de la Cité rassurés. Un rapide passage sur la place du Château. Soan s’est rhabillé. Baptiste Bieri et Pierre Queloz offrent leurs chansons à texte aux quatre vents.

 

Pour ajouter un peu de confusion à la confusion, le Festival de la Cité est malgré tout présent à la Cité cette année, en plus des trois autres sites officiels. Le périmètre est toutefois bien limité: cela se passe autour et dans la cathédrale. Du côté de la place Saint-Maur, on donne une pièce de théâtre ce jeudi soir. S’émerveiller de… Toutes les chaises en plastique sont occupées. Lauren «comme Bacall» est arrivée trop tard. Elle reste debout. «Je me fais mon programme. J’essaie de voir deux ou trois spectacles. Là juste après, je saute dans la voiture pour Volcano à la Sallaz.»

 

Et si une petite soif venait à prendre Lauren, oui «comme Bacall» on sait, il lui suffirait de tourner au coin de la cathé. Là se dressent les bars officiels du Lapin Vert, du XIIIe Siècle et de la Galerie La Sonnette. Mais l’ivresse se fait encore attendre au troisième jour du festival. «C’est d’un triste ici. Il n’y a pas de concerts. Rien», se désolent Sébastien et Ricardo. Ils tiennent le bar de la Sonnette. Et ils la tirent. «On dirait que les organisateurs ont tout fait pour que personne ne vienne jusqu’à nous, histoire de dire qu’ils ont bien fait de délocaliser le festival. C’est dommage.» Alors ils ferment plus tôt que prévu, prédisant à haute voix qu’ils ne se rattraperont pas ce week-end: «Vous savez ce qui est prévu comme animations ici? De la magie et de la musique classique!» Le Lapin et le XIIIe ont décidé de réagir. Ils annoncent une soirée de DJ au pied de la cathédrale samedi soir.

 

Ambiance relax à Ouchy

 

Jeudi, les pieds dans l’eau, au célèbre stand québécois de poutine, on déprime aussi un peu. «Je peux vous dire le fond de ma pensée? C’est pourri!» Vincent Daigle ne mâche pas ses mots. «Un festival, faut que ce soit regroupé. Ici à Ouchy, la clientèle n’a rien à voir avec celle qu’on a eue à la Cité du temps où c’était près de la cathédrale. Bon, c’est mieux que le Vallon, où nous étions ces deux dernières années… Mais je crois vraiment que c’est terminé pour nous. L’année prochaine, nous irons au Montreux Jazz.» Son collègue Steve Gauthier abonde. «Les gens, à Lausanne, ne bougent pas. Alors ici, on a surtout des touristes ou des gens qui viennent voir juste un truc. A la Cité, tu marches 5 mètres et tu rencontres quelqu’un.» Les Québécois annoncent en outre un recul de leur chiffre de 30 à 40%.

 

Dans le public – impossible de dire que c’est une foule – difficile de trouver quelqu’un qui était sur l’un des autres sites auparavant. Il règne à Ouchy une ambiance relax et presque intimiste, où chacun conserve son espace vital… qui pousse à la flânerie. «On a choisi le concert de 22 h ici à Ouchy, disent Diana et Sandrine. On est venues vers 21 h mais il ne se passe rien. C’est dommage. A la Cité, il y avait des artistes dans tous les coins.» Elles ne poursuivront pas la soirée plus haut… «Le métro, ce n’est pas gratuit! Et monter en voiture, non merci!»

 

Accoudé à une table haute, une bière à la main, un couple de Lausannois patiente avant de voir Juana Molina. L’apéro s’est passé ailleurs, hors festival. «Avant, on se donnait rendez-vous à la Cité, ce qui faisait son charme, c’était la sociabilité, se souvient Rémy. Cette année, si la qualité de la programmation est supérieure, le facteur humain a disparu.» Son amie Sophie renchérit: «On est passé du brassage de gens spontané et une manifestation où il faut s’accrocher au programme et prendre rendez-vous avec les gens. Ce n’est pas forcément un problème! Mais il n’y a plus rien à voir avec le nom de la manifestation!» Leur ami Arnaud travaille dans le milieu du spectacle. Lui, parcourt les sites dans tous les sens. Trouve la scène sur l’eau «magnifique pour de la musique classique, inadaptée pour les musiques actuelles». Et les allers-retours en métro, c’est adapté? «Non, je trouve ça embêtant.» (24 heures)


La Cité, entre déferlante physique et nostalgie|Le Temps - Marie-Pierre Genecand - 6 juillet 2016

 

Trois pôles pour savourer gratuitement à Lausanne 85 rendez-vous de danse, d’arts de la rue et de musique. Depuis mardi, La Cité réjouit, mais une pointe de regret se perçoit aussi

 

Des jets de bûches en mode fêlé, des Polonaises qui scandent leur révolte contre l’autorité, une danseuse-lutteuse qui terrasse ses démons de son corps musclé ou encore une déferlante de Brésiliens secoués: mardi, la première soirée du Festival de la Cité a été physique. Physique et engagée. Une puissance qui a plu. De la Sallaz à Ouchy, les Lausannois ont plébiscité cette joyeuse explosivité, avec un pic, à La Riponne, où les spectateurs ont rejoint les interprètes de «Suave» dans leur transe endiablée. Ambiance!

 

Mais d’abord, cette question qui brûle les lèvres suite au débat passionné du printemps dernier. Est-ce que le Festival de la Cité a perdu son âme dans la nouvelle configuration imaginée par Myriam Kridi, trois pôles répartis sur la ligne du M2? Pour beaucoup de personnes interrogées, l’ancienne formule avait de fait des avantages: le lieu unique permettait de retrouver des amis de manière informelle et de découvrir, dans l’effervescence des scènes rapprochées, des productions sans les avoir vraiment planifiées. «C’était plus cosy, plus spontané», dit une spectatrice. «Je savais que j’allais rencontrer des potes, c’était le rendez-vous convivial du début de l’été», complète l’autre. «J’aimais aller au hasard des spectacles, me laisser guider par l’humeur», confie un troisième festivalier.

 

Désormais, -enfin, depuis 2014, date du début des travaux sur la place du Château et donc du nomadisme pour la Cité –, les festivaliers sont plus studieux et pointent dans leur programme les rendez-vous à ne pas manquer. Mais la nouvelle formule a aussi ses charmes. Elle permet de découvrir de nouveaux paysages. «C’est beau, ces bois», soupire d’aise mon voisin de gradin avant le début de «La Cosa», pièce acrobatique donnée au pied de La Sallaz. «Jamais je n’ai aussi bien scruté la façade du Palais Rumine», constate une quinquagénaire installée sur les travées pour assister à «Suave» en fin de soirée. Et celui qui aime le doux roulis ne détestera pas la scène posée sur le lac à Ouchy…

 

Mardi, la place de la Sallaz avait des airs de village. Une grande tente, des enfants qui jouent à la balle, une scène à échelle humaine, deux cents spectateurs qui, en début de soirée, frémissent aux ballades poétiques des deux anges noirs de Mansfield TYA, groupe d’électro français… Une vraie douceur pour ce lieu qui a connu cinq ans de travaux et, avant, des décennies de mobilité dure. En contrebas, la paradisiaque Clairière. Un plateau, quatre gradins et beaucoup de vert. Prairie d’herbes folles, côté ville, horizons d’arbres serrés, côté Sauvabelin. Un bel écrin, en résonance avec l’exercice pratiqué par le collectif italien. «La Cosa», ce sont des bûches que quatre originaux en costard s’amusent à dompter. Une bûche, ça se lance, ça se porte, ça se place en équilibre, ça se met en tas, en tour, en arche. Avec ce show qui finit à la hache, les acrobates racontent l’absurdité du ballet humain, le rapport de force, le besoin d’équilibre ou encore le frottement avec la matière. Les enfants rient beaucoup, les parents aussi. Le spectacle est un peu long, à peine construit, mais il séduit par sa fraîcheur et son explosivité.

 

On a déjà parlé de «Magnificat», ce choeur de femmes polonaises qui clament et chantent leur refus de l’autorité. Elles étaient présentes à Antigel, festival des communes genevoises, en février dernier. Déjà, la puissance de frappe avait séduit le public qui, aux saluts, s’était levé. Tout commence en prière, avec un «Je vous salue Marie» récité en avançant vers les gradins et ponctué d’un martèlement de pieds. La colère est claire. L’intention aussi: démontrer à travers des partitions scandées à quel point le système polonais enferme la femme dans un rôle stéréotypé. Ces 25 interprètes sont sidérantes de précision et de conviction. Elles ont à nouveau enthousiasmé le public de la Cité.

 

Une autre fièvre? Oui, pour «Suave», diablerie de sensualité et d’insolence signée Alice Ripoll. La chorégraphe brésilienne a réuni dix danseurs des favelas de Rio de Janeiro à qui elle a demandé de réinventer le passinho, joyeux mélange de plusieurs danses, traditionnelles ou actuelles. Au sommaire, le frevo, le kuduro, le voguing -on prend la pose mannequin –, mais aussi le hip-hop et la samba. Dans cette proposition, tout repose sur la personnalité des interprètes qui vont jusqu’à cavaler lors d’une mémorable séquence pour tête de cheval et tutu virilisé. «Suave» relève plus du défilé de numéros que d’une partition homogène, mais son énergie ébouriffe et son insolence rafraîchit. Jusqu’à dimanche, La Cité qui compte 85 rendez-vous gratuits, va continuer à ébouriffer. De La Sallaz à Ouchy.

 

Festival de la Cité, jusqu’au 10 juillet, Lausanne, www.festivalcite.ch


Myriam Kridi, directrice du Festival de la Cité |Vertigo - 29 juin 2016